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Le bébé de sa soeur !

© Charles Imbert 1994
Nouvelle de +/- 7000 signes
Charles Imbert 1994 (© S.G.D.L N° U5323 "Une semaine de délire")
Ce texte est donc copyrighté, aucune reproduction autorisée sans ma permission.
-une seule copie sur votre disque dur- .

Vous n'arriverez jamais à la lire ici à tête reposée
tandis que défile le compteur téléphonique,
(je parie que vous iriez voir la chute et qu'ensuite vous partiriez,
ce qui serait franchement dommage pour le reste de l'histoire, n'est ce pas ?)
aussi pour vous le rappeler,
j'ai placé le petit filigrane des cavoks sur le bord ...

Le texte reste un tantinet lisible pour que vous puissiez
en lire quelques lignes avant de vous décider à savoir si vous aller le copier
pour le coller ensuite dans votre t-d-t favori.
Ou mieux, faîtes "Save as",
dans le menu fichier de votre Navigateur.

A propos, je précise que cette histoire sort entièrement de mon imagination,
qu'il ne s'agit aucunement de l'illustration d'une expérience ou de connaissances
ou la référence à une situation rélle ayant existé, etc. ou quoi ou kaisse.
Et puis si vous voulez des précisions, il vous reste le Mailto
ou le formulaire anonyme sur la page des liens.
Et je dispose encore de textes mettant en scène Le Hortec...
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COMMENT LE HORTEC MARCHA SUR LE BEBE DE SA SOEUR.

 

Le Hortec était déjà complètement cuit lorsque vint l'heure du réel apéritif... Pour ne pas changer mais avec circonstance atténuantes, puisqu'il s'agissait d'une réunion de famille.
Il buvait un whisky sur le devant de la maison, et pour revenir sur la terrasse où l'on ouvrait le champagne, il devait, soit faire le tour de du bâtiment, soit couper par le hall, dernière solution qu'il trouva préférable.
Dans l'entrée, plusieurs dames avaient déposé leurs sacs à main sur le carrelage, par manque de place pour les ranger dans d'autres endroits.
Bien évidemment, Le Hortec en arrivant passa le pied dans la courroie de l'un des sacs. Son pas triomphal fut alors entravé par la légère gêne occasionnée par l'impédimentum, destiné désormais à suivre son allure.
Le Hortec jura, bascula et, énervé, tira le pied comme si, avec vingt ans et trente kilos de moins, il s'était retrouvé sur un terrain de rugby. Le sac décrivit une magnifique trajectoire courbe et alla exploser contre la pendule, répandant à l'envie poudriers, tubes et autres accessoires.
Malheureusement, dans le déséquilibre occasionné par ce coup de sport, Le Hortec avait renversé un peu du verre tenu au poing. La précieuse boisson topaze dégoulinait sur le carrelage, sous l'il stupéfait du propriétaire de ce qui était maintenant un fond-de-verre.
- Tiens, la stupidité ! proféra ce dernier.
Alors totalement en fureur, il s'empara du sac éventré par son effort balistique. Mais il le trouva trop léger et impropre à un projet sacrificiel. Il rejeta pour s'emparer d'un autre sac vierge, qui n'avait pour sa culpabilité affichée que de se trouver là, au mauvais endroit, au mauvais moment, gisant sur le carrelage.
- Tiens, vise la stupidité ! répéta Le Hortec en ouvrant grand cet autre sac.
Pour calmer ses nerfs excédés, autant que pour donner une leçons aux bonnes femmes qui laissent traîner des pièges sans s'inquiéter, il y versa la conséquence de leur erreur, sous la forme d'un fond-de-verre de whisky, destiné à marquer sa trace autant qu'à polluer et ruiner papiers, garnitures et divers objets.
Puis, soulagé, sa vengeance défoulatoire ayant servi à son exultation secrète, il alla se faire verser une coupette.
Deux minutes plus tard, des exclamations fusaient autour des sacs éventrés et renversés.
- C'est vrai qu'ils sont dans le passage. Il faudrait les mettre à l'abri des enfants ! décida une voix autoritaire appartenant à la tante Jeanne.
Les dames s'activèrent pour remiser leurs sacs à l'abri des bambins, lesquels furent forts surpris, entre deux morigénations, tapes et tiraillements d'oreille, d'apprendre qu'ils avaient commis d'horribles méfaits. Le fond-de-verre de whisky, bu par un permis de conduire, ne trahissait déjà plus son odeur parmi le remugle du second sac à main et passait à cette heure pour la fuite d'un petit flacon d'eau de cologne.
Plusieurs fois, le Hortec avait au bar reconstitué l'opalescence de sa coupette, lorsque se prononça en lui une envie sous-basse-ventrière, alimentée par les deux conduits néphrétiques, les uretères, qui vont des reins à la vessie.
Il prit alors pour confident le maître d'hôtel qui se demandait justement s'il n'attraperait pas une élongation à force de trop souvent répéter le même geste avec les mêmes bouteilles et le même client :
- Faut que j'aille faire pleurer un boudin ! Ma meilleure amie ! enseigna t-il à ce factionnaire aposté derrière le buffet.
Désormais encore plus cuit que cuit, Le Hortec tituba vers les toilettes.
Celles-ci se trouvaient au fond d'un vestiaire carrelé, dont les penderies regorgeaient des vêtements suspendus par les invités de la fête. Les dames avaient aussi décidé d'y ranger, sur le carrelage, leurs divers sacs à main, au nombre d'une bonne douzaine, alignés bord à bord comme les murs de bois de l'escadre qui, à Salamine, chez les anciens Grecs en lutte, ne put manuvrer pour ne pas avoir permis à un pied de se poser entre les navires pour rejoindre les toilettes.
Pris au piège de ce terrain faux et roulant sous les chevilles, Le Hortec écrasa plusieurs sacs avant de se mettre à bramer l'hybris de grandes imprécations. Celles-ci n'attirèrent pas Némesis, mais quelques dames qui, restées en arrière garde, ne parvenaient pas à se consoler du saccage commis contre le premier entrepôt des sacs à main.
Le Hortec n'atteignit jamais la porte des toilettes. Une dame prétendit ensuite, bien que cette délation soit fistulée au téléphone et sous le coup d'une vindicte perdurante, que lorsqu'elle était arrivée sur les lieux, Le Hortec prisonnier jusqu'aux chevilles dans les sacs éventrés avait ouvert une autre porte, appartenant à une penderie, et qu'il urinait là, dans le placard. Mais là n'était pas le plus grave.
La soeur de Le Hortec arriva, toute inquiète, alertée par le remue-ménage des dames tentant de récupérer leurs sacs piétinés.
- Et Poupette ? Comment va Poupette ? demanda t-elle, l'air affolé.
- Comment ça, Poupette ? s'enquit Le Hortec, prenant ce nouveau sujet de conversation au vol pour échapper aux récriminations qui l'entouraient.
- J'avais laissé le couffin de Poupette rangé là, contre le bord ! rugit la soeur.
Le bord du passage n'était qu'un amas d'effets divers, tombés, échappés, décrochés.
- Mais quelle manie avez-vous donc de tout laisser traîner par terre ! hoqueta Le Hortec.
- J'ai mis le couffin sur le carrelage pour qu'elle dorme au frais ! Il est bien connu que la chaleur monte ! précisa la soeur, logique.
- Ah oui, mais alors il ne faut pas poser ça dans le vestibule, parce qu'alors on marche dessus, protesta son frère.
Horreur ! Que n'avait-il pas dit là ! Cet aveu corroborait ce que tout le monde avait déjà deviné.
D'ailleurs, la maman poussa un hurlement horrible et se précipita sur l'amas d'effets. Elle envoya promener deux ou trois sacs à main, extirpa sa fille hors de son couffin. Le bébé, violemment réveillé, se mit à crier. Ces sons scellèrent l'opinion générale : le petit corps avait été molesté.
- Elle est toute bleue ! apprécia une tante. Il faut lui faire un massage !
- N'y touchez pas ! hurla la soeur. Je l'emmène aux urgences de l'hôpital !
- Mais non ! une bonne friction avec de la pommade... Tu as de la pommade à l'arnica ? s'enquit une autre tante.
- Si on a pas de pommade, j'ai du dentifice dans la boîte à gant de la voiture, proposa Le Hortec, serviable.
- Mais comment as-tu fait ? hurla sa soeur.
- Moi, j'ai rien fait, mais elle, elle a fait "schpouic" ! goguenarda l'ivrogne, décidé à se montrer horrible devant les méchantes accusations, et en frottant son poing dans sa paume pour mimer une sorte d'écrasement.
Poupette n'avait rien. Mais sa mère avait eu une peur bleue.
Le Hortec fut éjecté de la réunion de famille. Pour autant que la mémoire s'en transmette au long des générations futures, il restera toujours, dans les familles Le Hortec et Andersen, comme "Le Monstre qui Marcha sur le Bébé de sa Soeur".