© Charles Imbert S.G.D.L N

U5323
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tandis que défile le compteur téléphonique,
je vous conseille de faire un save et de lire hors connexion.

Normalement, je finirai l'installation de ce roman dans le mois de novembre 98.
Merci de patienter et/ou de me prodiguer vos encouragements, un carburant apprécié, si, si.
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CHAPITRE DIX.


L'édicule ridicule insultait le bon sens,
Contenant la Baleine de Marne dépouillée.
Le Hortec s'enflamma, vu du gardien l'absence,
Voulut taire sa soif, en supérette négociée.

Vidouze, étrangement, essaya de faire plaisir à l'Avignonnais, probablement pour l'amadouer.
- Vous nous avez montré ce midi que vous étiez un gourmet, Monsieur Le Hortec. Voulez vous que le groupe tout entier vous accompagne ce soir à votre dîner ? Symphorep se fera un plaisir d'entériner ce changement de programme, si tout le monde est d'accord.
- Térinez, Térinez, brailla Le Hortec. Il faut qu'ils apprennent à bouffer autre chose que de la daube ! On ne peut pas se nourrir de daube toute sa vie !
Le changement de programme fut ainsi établi, approuvé à l'unanimité, dans l'enthousiasme communicatif du car.
Le concierge de l'hôtel leur souhaita la bienvenue et demanda à Vidouze s'il avait bien voyagé.
- En arrivant, répondit celui-ci, nous avons été retenus par une sorte de foire municipale, avec drapeaux, foule, barrières... De quoi s'agit-il ?
- Ah, c'est la pose de la première pierre de la gare ! précisa le concierge.
- Une nouvelle gare ? s'étonna Vidouze en arrondissant la bouche au milieu de son air le plus distingué. Nous en avons pourtant vu une en parfait état... Dans la Zone d'Activité patronnée par la Socopaf...
- Oui, mais celle là, la nouvelle, c'est la future gare du TGV, rectifia le concierge, important. Nous allons avoir le TGV à Coulommines, alors il nous faut une gare qui aille avec.
Le bec cloué, Vidouze avança sans rien répliquer.
Une heure plus tard, redescendu de ses chambres, le groupe se préparait à partir pour le Musée de la Marne lorsque Calbat fonça vers l'accueil pour faire un scandale.
- Pourquoi que je n'ai-je qu'une savonnette dans ma chambre ? protesta t-il en se tordant le cou pour interpeller la standardiste. Qu'est-ce que c'est que ces économies honteuses ?
- Vous êtes en célibataire, Monsieur... comme toutes les autres personnes, expliqua la jeune fille.
- Célibat rien du tout. J'ai un lit à deux places, alors pourquoi est-ce que je n'ai-je pas deux savonnettes ?
Il brandissait une savonnette emballée dans un papier aux armes du Grand Cheval Couronné. On lui amena une deuxième savonnette et il se tint tranquille.
Enquête réalisée, il apparut que Calbat faisait partie d'un club de collectionneurs de savonnettes, ce qui expliquait son soudain coup de folie. Calbat ne se servait jamais de ses savonnettes ; il les archivait dans son sac et se servait pour son usage personnel d'un flacon de gel douche neutre hypo-allergénique multi-vitaminé.
Changé et rafraîchi, le groupe marcha jusqu'à la Marne et son Musée. De loin, l'édifice ressemblait à n'importe quel bâtiment frigorifique préfabriqué. Vu de plus près, la façade était peu pimpante et assez vétuste, pour ne pas dire sale. La tôle avait perdu sa peinture blanche cloquée par plaques et se tavelait de plaques de lichens grisâtres.
- Cette pyramide a été conçue et bâtie en 1976, sous l'égide de Monsieur Jean-Christophe Bottemlonde, le père de Jean-Denis, Ancien Sénateur-Maire décédé, leur spécifia l'hôtesse préposée aux dépliants publicitaires et au tourniquet d'admission.
- C'est une pyramide ça ? demanda Vidouze en désignant la charpente positivement cubique de l'endroit.
- Oh, nous avons été beaucoup copié, minauda hôtesse. Mais nous avons été les premiers à avoir une pyramide, c'est un fait avéré.
L'entrée moderne ouvrait sur des pièces qui l'étaient beaucoup moins. Les salles de l'ancien hospice, jadis parquetées et cirées, ouvraient des débuts de fissures dans toutes les directions et accumulaient une épaisse poussière grise sur leurs corniches. L'installation électrique sous baguettes de bois décollées datait certainement des aïeux des Bottemlondes, peut être même de l'époque des Dégulaves. Cependant un étroit chemin, tapissé d'une maigre moquette immonde, menait vers les zones d'expositions. Une fois de plus, la première salle exposait la préhistoire de la rivière. Elle recelait des tessons de grands pots et de petits pots, un restant de filet à pêche pétrifié, des pots moyens cassés et quelques vieux sous noirs et carolingiens, des ronds de rouille, dans des vitrines étiques.
- Laissez tomber les pots de chambre, ils ont un dinosaure ! s'étonna Zuricevic parvenu à l'entrée de la deuxième salle.
Attirée par cette annonce, la troupe progressa vers lui.
- C'est pas un dinosaure ! Ils ont marqué ce que c'est, c'est une baleine !
- Une baleine ? Oh pauvre crédule ! Une baleine ici ? Gronda un doute au milieu de la compagnie.
C'était la voix du Le Hortec, avançant avec les autres et qui se livrait maintenant à la contemplation d'un gigantesque squelette. Les ossements planaient, suspendus au milieu de la seconde salle. Ils s'arrêtèrent à côté de la cage thoracique de la baleine.
Vidouze était demeuré dans l'étude du filet pétrifié. Un arrangeur avait récemment redécoré ce vestige de coquilles, de moules d'eau vides et autres restes de mollusques d'origines diverses. Vidouze dédaignait la source de l'animation.
Biscoudé déclara, sentencieux :
- Je préfère quand c'est empaillé. Là, c'est un peu maigre. On voit mal.
Le Hortec émit un ricanement forcé. Bonicone ne voulut pas être en reste et poussa un petit rire circonspect. Il ne savait sans doute pas pourquoi ; on le voyait idiot, surveillant l'opinion de L'Autorité
- Et avec quoi tu voudrais l'empailler, eh ? s'insurgea Le Hortec.
- Pourquoi tu critiques ? tu veux te moquer ?
- C'est toi qu'as de la paille dans la tête, mon bonhomme !
- Ouaih ! se défendit Biscoudé. C'est pas mon métier, taximerdiste... Mais tu vois, on mettrait une toile tendue par là-dessus -Biscoudé montrait le squelette- et puis après, on peut y coller des poils, des yeux, des nageoires...
- Tu vas coller des poils sur une baleine, toi ? Oh le bruti ! Tire toi de ma vue avant que je te fende les fesses avec mon pied ! s'insurgea Le Hortec.
- Il veut dire comme une espèce de maillot, tenta de plaider Calbat.
- Un maillot ! un tricot de quoi, espèce de flan ? Et avec des nageoires ? Pourquoi pas des rames ?
- Et même un cerveau, pontifia Biscoudé. Ces animaux là, ça a un cerveau. Cousteau l'a démontré. Qu'est-ce t'as contre ça ? Hein ?
- Mais vous voyez pas que c'est du bidon, leur squelette ? Se défendit Le Hortec. Vous voyez pas l'arnaque ? Une baleine dans la Marne ? Et puis quoi ? A Marseille, ils n'ont pas une queue de baleine pour boucher le port, mais plus c'est gros, plus ça marche, je vois ! Oh, pauvre humanité !
- Ben, tu le vois là, le squelette, plaida Biscoudé. D'où tu crois qu'il sort, ce squelette ?
- Mais c'est du plastique ! objecta Le Hortec d'un ton superbe. Ils ont moulé une baleine, et toc. Faut tout vous expliquer. Vous voyez pas que c'est du pollue-rétane ?
- Oh, là là, ils ont moulé une baleine, murmura Bonicone.
- Moulé les os, andouille, précisa Le Hortec. Vous voulez le voir, le plastique ? Attention, ça va puer !
Il sortit un briquet jetable de sa poche et en fit jaillir une petite flamme. Personne ne protesta, peu d'entre eux avaient compris à quoi il voulait en venir.
Il appliqua la flamme contre la côte la plus proche. L'os, naturellement incombustible, aurait dû simplement noircir, mais soit à cause de produits de nettoyage, soit probablement à cause d'un vernis ou d'une préparation, soit aussi à cause de la poussière séculaire qui recouvrait le squelette bien sec, une lueur vive s'éleva.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Vidouze qui intervenait enfin.
La réaction de Le Hortec fut la plus prompte.
- Cassos, les amis ! C'est une baleine explosive ! éructa t-il.
Tous détalèrent. En quelques secondes, l'embrasement fit un mètre de haut. Le squelette était parti pour bien brûler, et le bâtiment avec.
Pour une fois, Vidouze attiré par leur fuite fut à la hauteur de la situation.
Il s'approcha du squelette, leva la jambe et décocha un terrible coup de pied dans l'os en flamme. Celui-ci vacilla, et Vidouze en remit un coup. Ce choc fut fatal à l'appareillage qui fixait la partie enflammée au squelette, et l'immense édifice osseux s'écroula.
Une côte reliée à la colonne vertébrale parcourut une très belle parabole, faucha un luminaire et percuta en plein une vitrine remplie de cailloux alluvionnaires, qu'elle explosa. Ensuite, la côte rebondit et passa par la fenêtre, tandis que le reste des vertèbres se pressait pour aller visiter la salle numéro trois. Les fanons de la baleine s'émiettèrent en percutant le sol, au milieu du claquement des derniers fils de fer de l'ancien support. Vidouze n'en avait cure, piétinant le feu pour l'éteindre sur la bande de moquette minable, la salissant et la roussissant d'une manière qui apparut plus tard quasi irrémédiable, proche de la damnation. D'autres dégâts mineurs se révélèrent lors de cet examen postérieur, et le chéquier de Vidouze paya une version haute laine et les dégâts structurels du plancher, un peu plus que la stricte conséquence de l'accident, mais Symphorep n'avait pas de réel expert sous la main pour contester.
Par ailleurs, la séance n'était pas terminée. Vidouze soufflait, considérant les dernières volutes de fumée, n'en revenant pas d'avoir évité le pire et se demandant déjà s'il ne s'était pas un peu trop affolé.
Le Hortec et ses comparses s'étaient réfugiés au fond de la salle, derrière une triste bibliothèque désaffectée. Vidouze voulut rebondir vers eux, mais un gardien, surgi on ne sait d'où, persuadé qu'il tenait l'auteur de l'attentat, lui sauta sur le poil. Il agrippa Vidouze par la manche et, comme celui-ci se débattait, caractérisa la voie de fait en lui ajustant une tape qui lui tomba sur la nuque. Puis le gardien s'empêtra le bas du pantalon dans des fils de fer. Ils avaient retenu les côtes aux vertèbres, et traînaient maintenant, arrachés. Pris de panique à l'idée qu'il allait peut-être se faire piéger par le feu mal éteint, le gardien poussa des cris horribles de brûlé vif. Vidouze hurlant qu'on avait pas le droit de le frapper, l'autre éructant qu'il fallait se tenir tranquille, tout en s'affolant, cela créait un barouf de tous les diables. Le restant du groupe décida de prendre la tangente et de visiter la buvette. C'est là que tous attendirent que Vidouze ait besoin d'attestations indispensables pour éviter l'embarquement en panier à salade.
Car tout ne fut pas calmé aussi vite. Biscoudé retournant à l'intérieur de la cubique pyramide Columminoise (A la buvette, le groupe se demandait s'il ne fallait pas prononcer Coulomminiarde ou Coulomminienne... ou peut-être Coulommineuse...), fut témoin d'un spectacle regrettable autant que grotesque.
Vidouze se prenait des taloches.
Le gardien, toujours accroché aux basques de sa victime, avait verbalement stimulé le courage à l'hôtesse, accourue depuis l'entrée. Celle-ci exécutait ses agressions sous l'il peu concerné de deux policiers municipaux, maintenant présents. Bien encombré par la pesanteur du gardien suspendu à son col, et conscient d'être sous l'il de la Loi, Vidouze ne protestait que par d'ampoulées formules verbales à ces agressions d'une personne du sexe :
- Je ne vous autorise pas... Mais voyons... Qu'est-ce qui vous permet... Cessez-donc... Je proteste, Mademoiselle... Mais cessez donc-là, je fais appel à...
Ces formules n'avaient aucun effet sur la grêle de petites baffes. L'hôtesse lui en allongeait une ou deux dès que le gardien parvenait à incliner Vidouze dans une posture propice. En voyant Biscoudé revenir, la demoiselle fut prise d'une crainte supplémentaire et sauta s'abriter derrière les uniformes, en hurlant :
- En voilà un autre ! Un complice : il était avec lui !
Arborant une sérénité de Dieu Grec, Biscoudé fit celui qui ne comprenait rien. Le gardien eut alors une grande envie de prétendre qu'il avait aussi surpris Biscoudé en flagrant délit. Vidouze récupérant ses sens parvint à clamer que le gardien n'avait rien surveillé et rien vu. On l'avait, lui Vidouze, aperçu en pleine opération de sauvetage, et Biscoudé était innocent comme Jacob sous le couteau d'Isaac.
- Mais alors, qui est l'incendiaire ? s'inquiéta l'un des policiers.
L'affaire pouvait dégénérer en poursuites pénales graves si l'incendie se révélait intentionnel. Vidouze commença à prétendre que le feu les avait surpris et pouvait provenir d'une cigarette mal éteinte lors d'une précédente visite. Calbat arrivant sur les lieux appuya cette version. Bonicone fit de même et tapa sur l'épaule du gardien pour lui faire remarquer qu'un paquet de gitanes déformait la poche de poitrine de son uniforme. Le gardien devint vert, et ses assertions faiblirent de plus en plus à mesure que d'autres membres du groupe affluaient.
- C'est un accident d'autant plus regrettable que nous avons tous été mis en danger, attaqua alors Vidouze d'une belle voix grave.
Il reprenait tout son culot. L'espoir lui vint même de retourner la situation à son profit et il parla de dommages et intérêts. C'était peut-être aller trop loin et ramener l'attention sur son cas. Mais il était vexé.
La demoiselle stressée se cachait toujours derrière les policiers. Maintenant qu'elle avait épanché son surcroît d'émotion, elle adoptait un air penaud, peu fier. Vidouze, les joues roses, décida de poursuivre sur sa lancée :
- J'ai tout lieu de croire que les précautions élémentaires en matière d'incendie ne sont pas observées dans ce vieux bâtiment. Le fait que le feu se soit déclaré si soudainement indique certainement une lacune dans ce domaine. Les responsables de négligences...
C'était une péroraison risquée, le Sénateur-Maire ne négligeant peut-être aucune mise en conformité. Cette mauvaise foi eut cependant pour effet de calmer le jeu, personne ne voulant se retrouver embarrassé et cité dans un dossier qui resterait ouvert des années, pour la seule cause d'un petit mégot suspect et introuvable qui fut finalement déclaré seul criminel.
Tout le monde ayant convenu qu'il fallait en rester là, Vidouze rentra dans son rôle d'accompagnateur et reprit ses airs "responsables" pour ajouter un clou à sa réputation ravalée de frais. Pour parfaire son rôle, il demanda à signer les formulaires d'assurances, en tant que tiers. A ce moment les policiers proposèrent aimablement d'aller rédiger un procès-verbal complet. Vidouze y consentit, prévenant qu'il formulerait des réserves immenses et définitives, jointes à toutes ses déclarations.
- Ou sont maintenant nos oiseaux ? questionna Vidouze en sortant de la pyramide cubique (Il faut imaginer un bête quadrilatère, sans rien, absolument rien de pyramidal, excepté la prétention d'une petite personne nerveuse).
Bien entendu, les oiseaux s'étaient égayés dans la nature. Prêt à monter dans la voiture des policiers, Vidouze protesta sur le "difficile esprit cohésionnel" du groupe, mais Biscoudé lui fît remarquer que sans un retour en force de parties non cohésionnelles, il serait encore à se manger des chocs. Vidouze se borna à espérer qu'aucun dommage supplémentaire n'était survenu et partit vers le poste de police tel Habbacuq s'en lavant les pieds.
Privée de son mentor, la tribu se regroupa toute seule, mais il en manquait un au comptage, et l'appel du chauffeur portant sur les seize cohésionnés montra lequel restait absent : Le rouquin d'Avignon.
Il n'était aucunement dans la buvette, fouillée de fond en comble. Finalement, il apparut, sur le témoignage d'un garçon de café, que Le Hortec avait bien fait de disparaître en enfer, car c'est ce que méritait une personne aussi mal embouchée, lorsqu'elle ne goûtait pas le grog qu'on lui avait servi.
- Qu'a t'il fait, après avoir refusé son grog ?
- Il a dit qu'il allait s'acheter de quoi s'en faire lui même, indiqua la source d'information.
Pour créer ici un bref aparté, il faut signaler que le grog à la Le Hortec n'accepte absolument pas d'eau. Selon la vraie recette, confiée maintes fois à des commensaux, il s'agit en fait d'un vin chaud où le vin est intégralement remplacé par du rhum vieux, sucré et infusé avec diverses épices et petits bouts de zestes. Cela se fabrique nuitamment dans les chambres d'hôtel à l'aide d'une résistance électrique chauffante. Ce truc vous emporte la tête comme un boulet de canon dès la première gorgée.
Par contre, c'est aussi un remède exceptionnel contre l'influenza vulgaire. Le Hortec y fait référence comme à un "Shrub sans entourloupes", baume balsamique et prophylactique des muqueuses des voies supérieures. Un bol de cette mixture, un édredon et une bonne nuit scient tous vos microbes en huit morceaux chacun.
Le garçon de la buvette désignait le lieu probable de cet achat : une supérette ouverte de l'autre côté de la place.
Lorsque le groupe arriva dans la supérette, Le Hortec essayait de négocier une remise pour achat en quantité. Il avait épuisé le rayon du rhum, soit quatre bouteilles, avait saisi du cognac et du Cointreau en sus, et plaidait pour son bonus gratuit, ambitionné sous la forme d'une petite bouteille de liqueur de fraise de bois.
Voyant arriver du renfort, le gérant n'eut plus la force de négocier et abandonna lâchement la petite bouteille, calculant le ratio de ses efforts, de son temps perdu et de la valeur marchandise. D'autant que Le Hortec achetait aussi cannelle et muscade, des agrumes, du quatre-épices, du gingembre et un litre de sirop d'érable, sans oublier une casserole et un thermo-plongeur, cette résistance volante branchée directement sur une prise qui, oubliée dans un verre de tisane, a déjà fichu le feu à bien des maisons de retraites.
Tout de suite, hors du magasin, Biscoudé eut peur des effets d'une saoulerie trop intense et voulut que Le Hortec lui remette la moitié de ses emplettes liquoreuses, déclarant qu'il les lui rendrait à la fin du voyage. Le Hortec se contenta de faire deux pas en arrière pour se contrôler. Il voulait mettre l'inconscient Biscoudé à l'abri des conséquence possibles de la fureur qui montait en lui. Les poils de ses tempes en étaient hérissés, et il projetait des ondes de bête féroce. Devant ce spectacle, personne n'eut même le courage de revenir au principal, le commentaire de l'incendie de la baleine.