Bouillie Bordelaise

© Charles Imbert 2001
Nouvelle de +/- 17500 signes
Charles Imbert 2001 (© S.G.D.L. 2001.01.0269 "Faits et dits de Le Hortec")
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Vous n'arriverez jamais à la lire ici à tête reposée
tandis que défile le compteur téléphonique,
rappelez-vous que le compteur tourne
(à moins que vous n'ayez l'ADSL ou le câble ou ne viviez dans un de ces pays de cocagne
qui mettent l'Internet à un prix réellement abordable)
et mieux vaudra lire ce qui suit
hors connexion ou après avoir fait
"Save as",
dans le menu fichier de votre Fureteur (terme Qbcois).

A propos, je précise que cette histoire sort entièrement de mon imagination,
qu'il ne s'agit aucunement de l'illustration d'un voyage ou de connaissances
ou la référence à une situation rélle ayant existé, etc. ou quoi ou plusse,
Et puis si vous voulez des précisions, grogner, invectiver, etc.
il vous reste le Mailto (le stylo en gif animé, le vites-vous ?).

Au milieu de mille activités, il en est une que Le Hortec cherche à dissimuler et sur laquelle il ne s'étend pas trop. En effet, il exerça pendant un temps des fonctions dans le jardinage. Comment il arriva sur cette branche professionnelle, cela il ne le confessa jamais : Il avait entendu dire que les jardiniers des chics propriétés privées sont payés cent francs lourds de l'heure, et en un rien de temps, cela lui était monté à la tête : A une époque, il racontait partout qu'il avait un CAP d'horticulture.
Le résultat, c'est qu'il rencontra un type qui avait une activité de nettoyage-entretien de bureaux, et qui avait l'ambition d'étendre ses affaires en faisant loueur en location-entretien d'espaces verts. De cette confrontation naquit l'emploi en jardinage de Le Hortec, source de son dégoût ultérieur envers ce travail, et voici pourquoi, ainsi qu'il l'expliquait lui-même :
"Un espace vert en entreprise, c'est un pot de caoutchouc, planté pour faire la tête de l'autre côté de la petite table en verre coincée entre les sofas de mousse recouverte de peluches rouges dans la salle d'attente visiteurs, petite table qui dégorge de vieilles revues plus périmées que des trognons de choux un lendemain de marché.
Quelqu'un peut passer de temps refaire une botte avec ces revues, mais personne ne s'occupera du caoutchouc, c'est convenu. C'est une sorte de caoutchouc social acheté avec les biens sociaux de la boîte, et tout le monde le méprise et personne ne l'arrose parce que si on l'arrose, c'est comme les chiens, c'est l'adopter, et débrouillez-vous avec votre caoutchouc, c'est ensuite toujours à vous de vous en charger, et s'il crève -ce qui est inéluctable à brève échéance vu qu'on est pas à Bornéo-, ce sera de votre faute, à "vous qui vous étiez chargé du caoutchouc".
De plus, un caoutchouc de deux mètres, grêle, qui se cogne la tête dans les dalles du plafond et redescend piteusement vers la petite lampe du standard, ça coûte chérot à l'achat. Plus c'est grand, plus ça coûte, et corrélativement plus ça en jette aux visiteurs, aussi.
D'où l'idée de la location d'espace vert. On colle un caoutchouc de location et un loustic passe lui faire la manucure, lui essuyer les feuilles, lui torcher la cochenille et lui remplir le pot à eau.
Si un abruti arrose quand même le caoutchouc avec le restant du seau qui a servi à faire les vitres, on en revient au même, puisque le caoutchouc crève, puis est payé à son proprio, le loueur, -qui d'un autre côté est assuré mais ne s'en vante pas du tout- cependant l'avantage pour le locataire, c'est que la plante est tout de suite remplacée. C'est dans le contrat."
Ce qui fait, selon Le Hortec, qu'il y a toujours un espace vert théoriquement pimpant dans la salle d'attente, mais que néanmoins le loueur a intérêt à ce que les caoutchoucs décèdent le plus vite possible, parce qu'il fait un bénéf plus gros là-dessus. Le Hortec confia qu'il s'agissait à son sens d'un "Turn over", mais il est possible qu'il se soit trompé de traduction et que cela ne convienne pas tout à fait au sens du mot "arnaque".
Donc le loueur avait ouvert son département plantes vertes en sus de ses activités ordinaires, et il expliqua au jeune Le Hortec qu'il avait besoin de petits gars futés discrets habillés avec la salopette de sa société, qui iraient donner un coup de chiffon fatal en plus de la tournée normale sur les feuilles et en profiteraient alors pour faire boire le bouillon de onze heures aux pauvres légumes.
Ce n'est pas comme ça que Le Hortec avait vu le jardinage dans ses rêves d'apprentissage vers les chics propriétés. L'épingle plantée dans la moelle, les coups de de cutter discret dans la terre en direction des racines, il avait rarement envisagé. Il voyait plutôt ça comme un sorte d'apostolat, vétérinaire pour les plantes, sorcier du rhododendron. L'autre lui demanda si lui, Le Hortec, connaissait la Bouillie Bordelaise ; Le Hortec répondit que non, et l'autre le regarda de l'air "seriez-vous réellement jardinier ?", bien qu'il ait su depuis le début à quoi s'en tenir, mais c'était pour victimer Le Hortec dans ses petits souliers et arriver à moins le payer.
Il expliqua à Le Hortec que la Bouillie Bordelaise était un super insecticide qu'on utilisait contre le mildiou et le bombyx du ver à soie. Le bombyx est un papillon effrayant, géant qui dévore des pommes entières, en parlant des pommes de l'air, pas celles à frites, hideux, mais c'est quand il est petit, en chenille ou même en ver ultra répugnant, qu'il cause le plus de ravages. L'homme a réussi a éliminer tous ses prédateurs, le loup, le lion, le tigre, le crocodile qui n'en a plus pour longtemps -exception faite des portefeuilles et ceintures qui retardent son extinction-, la baleine, Le et La jaguar (dévoreuse d'huile à moteur, telle le poulet de batterie), et seuls le moustique, la mouche des pommiers et le bombyx continuent de nous narguer, mais plus longtemps grâce aux programmes génétiques qui les transformeront en castrats, chapons et autres eunuques.
Le Hortec en était bouche bée. L'autre lui spécifia encore qu'il lui confierait de la Bouillie Bordelaise pour aller soigner les caoutchoucs, mais qu'il faudrait qu'il fasse attention parce que c'était un produit précieux, top secret, et qu'il faudrait pas qu'il laisse la Bouillie traîner. Le Hortec était content qu'on lui confie une arme génétique, et il promit que oui.
Effectivement, dès qu'il eut la salopette de la Société sur le dos, l'autre lui confia une mixture dans un bidon en plastique, sans pouvoir se retenir de lui décerner un clin d'il enthousiaste, du genre : "Voici notre botte secrète".
Dès qu'il fut casé dans la Deussanssisse commerciale, seul et ayant passé le coin en route vers sa première mission, Le Hortec dévissa le bouchon pour voir la texture de l'insecticide, opaque et violacé. L'odeur en était plutôt choquante et pernicieuse. Le Hortec se tranquillisa en se rappelant que l'acide sulfurique dévore le plastique et que le bidon n'aurait pas survécu si ça en avait été.
Il est arriva à la première société sa feuille de route, la SOCLOMIE, Boulevard des parachutistes, à Sainte-Garrigue. Il y entra tout heureux, avec son petit sac, son vaporisateur, ses chiffons et son bidon maléfique, l'arme suprême qui allait peut-être déclencher une catastrophe écologique dans le bombyx, et peut-être dans d'autres espèces, comme le carpocapse, ou autrefois le Dodo sur l'Ile Maurice ou les Sculpteurs de l'Ile de Pâques.
Il demanda où était l'espace vert, et on l'amena devant une pauvre verdure qui semblait avoir été prise pour un bonsaï en mue. Il demanda alors pourquoi on avait découpé chaque grande feuille à moitié et on lui répondit que c'était son collègue régulier qui avait pratiqué, lors de son dernier passage, ce qu'il avait désigné comme une "petite taille de printemps".
Donc Le Hortec sortit son vaporisateur normal et il lustra les demi-feuilles qui avaient échappé au carnage, en faisant gaffe de ne pas rencontrer un Bombyx par inadvertance. Quand tout le monde eut le dos tourné, il versa aussi, comme indiqué, un peu de la mixture spéciale et secrète dans un godet gradué, « pas plus d'un verre à dent » avait indiqué le patron, et il versa son godet dans le pot de la plante.
Comme l'odeur l'incommodait, il commença à plier bagage. Une secrétaire passa et prononça à mi-voix "ça pue la m..., ici", alors il activa le remballage. Manque de chance, la standardiste revint aussi et se plaignit à voix haute que la passeuse de serpillière utilisait décidément trop d'eau de Javel. Puis un cadre en trois pièce arriva et demanda à la cantonade qui avait renversé de l'ammoniaque.
Le Hortec se faisait tout petit en serrant les épaules. On le regarda d'un drôle d'air lorsqu'il passa à côté de la standardiste, du cadre supérieure et de la secrétaire qui était revenue sur les lieux du crime, et il nous avoua qu'il n'avait jamais eu autant honte de sa jeune vie.
Le Hortec rentra au siège social, alla direct dans le bureau du patron avec le bidon et là il se dégonfla, il n'osa pas lui proposer d'en boire. Au lieu de ça, il poussa la chanson d'une objection de conscience répandue soi-disant chez les végétariens, à la morale obscure, et lui demanda ce qu'il y avait dedans. Dedans le bidon.
- Ben, du vin, répondit l'autre.
- Du vin, cinq pour cent, et pis quoi?
- Des fortifiants. Du café, des choses. Vous voudriez tout de même pas que j'y mette du Château Margaux?
C'était paumé pour la suite. Le Hortec ne sut jamais avec quelle sorte d'acétone picrique ou d'alcali tartrique nitreux l'autre avait enrichi son chloropropane au formol de Prisunic. Il posa sa salopette, les clés de la 206 et il se sauva.
Le Hortec prétend que cette aventure lui laissa des séquelles. Pendant un temps, il se serait réveillé en pleine nuit parce qu'il avait fait un rêve où le cadre, la secrétaire, et la standardiste le regardaient d'un drôle d'air et lui demandaient de fermer la porte des toilettes.
Par ailleurs, il rattache cet épisode horticole à de passagères et prétendues détestations de la campagne.
Ainsi, une fois, il tenait comme d'habitude son rôle de grand péroreur, accoudé au bar, et il se mit à raconter une histoire de chasse à travers une cambrousse qu'il avait particulièrement détestée...

..."Il faut bien connaître, parce que la région est vallonnée, boisée, et à chaque carrefour de route, il y a trois bicoques qui font les quatre coins et qui portent des noms de hameaux, c'est un cauchemar.

En fait, toute la campagne est un cauchemar.
La campagne est un autre monde, et il faut vous expliquer pourquoi. Une fois, donc, nous étions aussi dans une partie de chasse sans chiens, mais expliquer pourquoi ça nous écarterait encore plus du sujet. Tout à coup, nous étions sur une toute petite route, à pied, et Lestrade déclare :
- Regardez un peu, les belles pommes !
Et voilà que dans le champ à côté, il y avait des pommiers. Pas des pommiers de pommes à cidre comme ça pousse dans le pays du Calvados, et qui portent des pommes toutes petites, stupides et bonnes uniquement à faire du cidre, non, pas ça, mais des pommes de vergers du Vaucluse, glorieuses, rouges, vertes, jaunes, un peu comme une cravate un peu habillée, pour aller au casino.
- J'en veux une, ajoute le Lestrade.
Et nous voici à lui tenir le barbelé écarté haut et bas pendant qu'il se fourrait à travers la clôture. Bien sûr, ça se sanctionne par "écartez plus bande d'empotés", parce qu'il a déjà trois Pastis bleus dans le cornet, et ça se solde aussi par un accroc dans sa gabardine de chasse toute neuve de "chez Florent articles oléicoles, chasse pêche premier âge et puériculture". Mais ce n'est pas encore ça la campagne.
Bien sûr, Lestrade était incapable d'y aller seul parce qu'il avait peur des vaches, qui sont de gros bestiaux très obtus. Nous voici tous les trois, successivement à travers la clôture, comptez cinq accrocs de plus et alors nous nous retrouvons dans le champ.
Les vaches elles étaient pas là. Elles étaient parties boire un coup en ne laissant là que leurs déjections et leurs parasites. Pour la bouse, on ne s'en aperçoit pas tout de suite parce que c'est « en bas » que ça se passe. Et en haut, nous sommes occupés par des espèces de chasseurs furtifs qui attaquent en piqué, et piqué ce n'est pas peu dire. Ces grosses mouches sont entraînées à percer du cuir, genre canapé Grande Surface, plus la crasse séculaire de la vache, qui a séché sur ce cuir là, qui fait toute la "croûte du cuir", quand t'achètes en Grande Surface...
Le premier coup, on les a pas entendus venir, un peu comme pour les stukas sur les routes pendant l'exode de 1940, mais ce n'est pas au fesses qu'ils attaquaient pour presser le mouvement, c'est au cou. Lestrade pousse tout à coup un hurlement et il se plie en deux, comme s'il avait vu un diamant par terre, mais par terre y'avait eu un bombardement de disques marrons, je vais y revenir. Nous regardons sa blessure et véridique ça faisait comme un trou du diamètre d'un grain de riz dans la peau, la mouche avait emporté de la viande pour son dîner, dans le Jura cirque, à cinq cents bornes. Un petit trou, tout rouge, tout net. XXX se met à gueuler, il était touché lui aussi. Nous remontons les cols pour, en faisant bien attention, nous diriger vers les pommes.
Bien entendu, nous manquons glisser et nous flanquer dans la marre, qui est une sorte de super fossé antichar plein d'eau, un trou abrupt dans la prairie, et relativement caché par l'herbe haute. Notre erreur déclenche un feu roulant de grenouilles et de tritons qui font plouf dans le liquide noir, c'est fou ce que ça grouille de symbiotes, dans ces mares, il faut dire qu'il y a un paquet de moustiques à dévorer, dans la cambrousse. Ca, c'était encore poétique ; je dis symbiote parce qu'il faut plus dire "parasite", c'est du politiquement correct, vous m'avez saisi. Ces trous ne servent pas au vaches, qui ont des abreuvoirs en zinc comme tout le monde, mais c'est pour drainer la flotte du champ. Il faut bien expliquer tout ça pour ceux qui ne connaissent pas la campagne, les taons et la chasse.
Donc enfin nous arrivons aux pommes. Et non, ce n'est pas à ce moment que nous déclenchons le radar anti-merles et que le piège à feu nous foudroye, ou bien que le bouseux arrive, fin saoul perché sur son tracteur fourbu et hurlant des imprécations traditionnelles, pittoresques et comiques, avant de se saisir de son calibre 12 et de tenter de nous arroser à la chevrotine parce qu'il bigle et qu'il a pas vu que nous aussi on est armés. Non, nous réussissons à cueillir une pomme.
Lestrade la porte à sa bouche après l'avoir frottée à sa manche, car ce n'est pas non plus une histoire de boyaux empoisonnés au sulfate amélioré à la Bouillie Bodelaise. Il mord, mâche, puis regarde la pomme.
Alors il fait « Gloupff » ou une sorte de bruit similaire, et il renvoie à l'horizontale un pur jet de pastis bleu.
Pas dans notre direction, heureusement ; en matière de gerbe, il vient de requérir les grandes pompes, c'est parti à trois mètres.
Dans la pomme, il a sectionné net deux gros vers blancs qui se tortillent à l'agonie, tandis qu'un frère à eux sort sa petite tête pas finaude pour découvrir la cause de tout ce raffut.
C'est des vers maousses, goulus-gorgés, assez crémeux.
Là, XXX n'a pas le temps de vérifier s'il s'agit bien d'un Carpocapse, car Lestrade vient de battre le record de lancer de pomme à travers la campagne.
Si nous pouvait flanquer le feu au pommier, sur le moment, on le ferait. Mais il n'y a que le platane qui brûle vert, c'est pour ça que Bonaparte dit Napoléon, le bonheur du soldat, en planta partout le long des routes, pour que ses soldats puissent les fiche par terre et se chauffer tout de suite. La mode date de là, véridique.
Donc, le feu n'est fut pas allumé, le bouseux n'arrive pas, les vaches non plus, et nous retournons à la clôture en évitant la mare, les mouches, les frelons et autres vindictes volantes.
Mais la malédiction du diable nous rattrape par le bas, comme indiqué. Le premier qui lève la patte pour passer le barbelé fait s'interroger les autres :
- C'est quoi, ça ?
- T'as marché dans le goudron ?
- Si t'appelles ça du goudron, alors tes chiottes c'est une goudronneuse ?
Les pieds verts enrobés, on avait. Dessus, dessous, remontant sur la tige du brodequin et au-dessus, sur la chaussette rabattue et même la jambe moulée dans le kaki.
Je ne suis jamais vraiment parvenu à comprendre ce que les vaches mangent pour produire ça. N'oublions pas qu'elles emmagasinent du carburant pour l'hiver, quand elles font, non seulement ruminant, mais aussi chauffage central dans l'étable qui jouxte le salon du fermier. D'ailleurs, une vache qui perd le contrôle de sa température, ça explose, c'est bien connu. les paysans disent pudiquement crever, mais c'est littéralement la même chose. Donc, dans une vache, il y a une usine, sept estomacs et un four à merdre gigantesque.
Et nous, pauvres de nous, pour nous promener à la chasse, nous n'avions pas chaussé nos plus belles paire de Rangers, mais des confortables, des usées et, faut-il le préciser, des trouées dans le tissu qui recouvre.
De toutes façons, la Rangers, c'est fait pour se défaire et se porter jusqu'au trépas de la grolle, c'est pour ça que c'est de plus en plus fin, les fabricants ont compris ; plus c'est solide, moins souvent ils en vendent.
Vous objecterez : la bouse c'est sain. C'est tout à fait ça, on n'a plus qu'à la vendre en pharmacie, avec une étiquette "Prophylactique, sans phosphates". On vous voit venir ; le prochain argument, sans protestation, c'est que l'odeur en serait supportable.
C'est là une erreur, une erreur totale, et nous l'avons immédiatement vérifié. L'odeur nous est restée aux pieds quinze bons jours entiers. Il y eut d'abondants frottages, récurages, rinçages, aspersions de l'eau de Cologne, depuis la minable générique en flacon cannelé jusqu'à la véritable des bons Pères du Grand Mont, appliquée en frictions locales, et rien à faire. L'odeur avait pénétré sous la peau et elle embaumait toute la personne. La première nuit, nous eûmes même beaucoup de mal à dormir.
Rentrés à Vignoles, on se fichait de nous un peu partout. La vieille Mercedes de Lestrade était surnommée « le Tracteu' » et on lui demandait où il avait garé sa remorque de betteraves. Nous empestions le pécore d'après la guerre, un vrai sketch à l'ancienne."